Antonio Diavolo le voltigeur au trapèze

Publié le 5 Mai 2014

Antonio Diavolo, le voltigeur eu trapèze est l'automate truqué le plus connu du célèbre illusionniste de Blois Robert-Houdin (1805-1871).

Dans ses "mémoires", Robert-Houdin écrit : "J'apportais mon jeune artiste de bois entre mes bras, comme je l'eusse fait pour un être vivant, je le posais sur le bâton d'un trapèze, et là je lui adressais quelques questions auxquelles il répondait par des signes de tête.Vous ne craignez pas de tomber? - non - Etes-vous bien disposé à faire vos exercices? - Oui

Alors, aux premières mesures de l'orchestre, il saluait gracieusement les spectateurs, en se tournant vers toutes les parties de la salle, puis se suspendant par les bras, et suivant la mesure de la musique, il se faisait balancer avec une vigueur extrême.

Venait ensuite un instant de repos, pendant lequel il fumait sa pipe, après quoi il exécutait des tours de force sur le trapèze, tels que de se soulever à la force des bras et de se tenir la tête en bas, tandis qu'il exécutait avec ses jambes des évolutions télégraphiques.

Pour prouver que son existence mécanique était en lui-même, mon petit Diavolo abandonnait la corde avec ses mains, se pendant par les pieds, et quittait bientôt entièrement le trapèze".

Cette figure fonctionne par tirage et par pédales. Une série de huit fils part de la coulisse de gauche, passant par des poulies fixées au haut de la scène, puis sur d'autres poulies placées au sommet de ce qui semble être les cordes du trapèze mais qui, en réalité, sont des tubes creux, pour aboutir aux deux extrémités du bâton du trapèze, creux également.

Deux jeux de poulies placés à ces deux extrémités, renvoient ces fils au centre du bâton où ils actionnent un jeu de six petites pédales très courtes fonctionnant à la hauteur du bâton, à l'endroit où se placent les mains de l'automate.

Tous les tirages se terminent dans la coulisse, les uns par des anneaux pouvant être maintenus par des crochets qui les immobilisent à certains moments, les autres par des bobines sur lesquelles on tire à la main. Deux autres gros fils partent d'une grosse poulie placée à gauche du bâton du trapèze en avant et en arrière et produit le déplacement de l'automate qui lui_même entraîne le balancement progressif du trapèze, par suite du déplacement de son centre de gravité.

Dans les bras et les mains de l'automate, se trouve une série de leviers sur lesquels appuient les pédales sortant du bâton du trapèze, communiquant ainsi les mouvements à toutes les parties du corps : signes de la tête, culbute du bonhomme autour de ses aisselles, pendaison par les jarrets - et non par les pieds comme l'a dit Robert-Houdin - abandon des mains quand l'automate est la tête en bas, pendu par les jarrets, équilibre sur les mains, etc. de même qu'accrochage des mains au trapèze quand on le pose dessus, et lâchage final de l'automate quand il tombe dans les mains du présentateur.

Tout cela est obtenu par ces pédales, ces leviers : amplification du mouvement de l'intérieur du corps de l'automate par mouvements différentiels. Seul le mouvement de balancement du trapèze n'est produit que par le mouvement tournant du bâton qui entraîne le déplacement du petit personnage. Un dispositif des plus ingénieux, mais très compliqué, empêche les fils de se vriller et de se coincer quand le trapèze tourne.

C'est par un subterfuge fort bien conçu, que Diavolo peut lâcher les mains lorsqu'il est suspendu par les jarrets. Deux tubes plats sont logés dans les deux bras, par lesquels passent les tiges des leviers et ces tubes ne quittent pas le trapèze. Ce sont deux faux bras (ouverts d'un côté) seuls qui tombent, les tubes restant collés contre le corps. Ces tubes étant recouverts de velours rouge semblable à celui de la veste de l'automate, sont invisibles.

D'ailleurs, cela se passe dans un balancement à toute volée et dure très peu de temps, les bras revenant rapidement à leur position normale quand l'automate remonte s'asseoir sur le trapèze. La surprise est si grande quand il lâche le trapèze et écarte les bras, que le public n'a pas le temps de remarquer que les bras sont creux.

Ce formidable spectacle est admirable dans le film de Jean-Luc Muller édité par TALIA films : http://www.automates-boites-musique.com/dvd-cd-et-livres-sur-les-automates-et-les-instruments-de-musique-mecanique/dvd-sur-les-automates-et-les-boites-a-musique/dvd-sur-les-automates---dvd-robert-houdin-une-vie-de-magicien-details-826.html

L'automate trapéziste est maintenant la propriété du collectionneur américain d'automates John Gaughan. Deux répliques de cet automate ont été réalisées par l'illusionniste Xavier Tapias et le créateur d'automates Kevin Wright (sous le nom de Dante the daring).

L'automate Antonio Diavolo au temps de Robert-Houdin

L'automate Antonio Diavolo au temps de Robert-Houdin

Bande-annonce du film "Robert-Houdin, une vie de magicien" dans laquelle évolue l'automate

Une réplique de l'automate trapéziste par Xavier Tapias

Rédigé par Philippe Sayous

Publié dans #Automates

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article