Publié le 8 Mai 2014

Jean Eugène Robert-Houdin, horloger-mécanicien, prestidigitateur et inventeur, est né à Blois le 6 décembre 1805 et mort à Saint Gervais près de Blois, le 13 juin 1871. Il est considéré comme étant le plus grand illusionniste et prestidigitateur de tous les temps. Presque tous les "grands trucs" de la magie actuelle proviennent des perfectionnements de ses découvertes.

Ce créateur hors pair était aussi un grand constructeur d'automates qu'il présentait dans son théâtre des "Soirées fantastiques" au Palais Royal. Il fut également un grand inventeur : on lui doit par exemple, le plastron électrique pour les escrimeurs, les portes automatiques, le compteur kilométrique et des appareils permettant aux ophtalmologistes d'étudier le fond de l'oeil.

L'attrait mystérieux qu'exerçaient sur les foules les automates des Vaucanson, des Jaquet-Droz, des Maillardet et de tant d'autres artisans réputés devait, tôt ou tard, inciter les illusionnistes à ajouter la présentation d'automates à leurs spectacles.

Jean Eugène Robert-Houdin devant ses automates

Jean Eugène Robert-Houdin devant ses automates

La statue de Robert-Houdin devant le Musée de la magie de Blois

La statue de Robert-Houdin devant le Musée de la magie de Blois

Bien que Robert-Houdin ait été le créateur de véritables automates fonctionnant par de savantes combinaisons horlogères ou mécaniques, celui-ci se lança dans la création d'automates truqués fonctionnant par le biais de fils mus par des mains qui restaient invisibles au public quand il ne s'agissait pas d'un être vivant caché dans les flancs d'un mannequin ou sous une table le supportant.

Vers la fin du XVIIIème siècle, certains montreurs d'automates adoptèrent le système des pédales. Dans son ouvrage posthume "Magie et physique amusante", Robert-Houdin donne une description de ces systèmes de mise en mouvement : "La pédale est un assemblage de trois fils d'acier; deux d'entre eux sont fixes et forment ce qu'en terme de mécanique on appelle une cage; le troisième est mobile et peut s'élever au-dessus des autres lorsque l'on tire la ficelle. Le ressort qui est en-dessous est chargé de ramener la tige à sa place lorsqu'on lâche la ficelle.

Quand plusieurs de ces pédales sont placées sur une même ligne, à côté les unes des autres, elles forment ce que l'on appelle un jeu de pédales. Supposons un jeu composé de 10 pédales, les 10 ficelles passeront à droite et à gauche par les pieds de la table en s'appuyant sur des poulies et, dirigées sous le théâtre, elles aboutiront à un clavier et y seront rangées dans l'ordre qu'elles occupent dans la table.

Lorsque les tiges s'élèvent au-dessus de la table, elles rencontrent les pédales correspondantes qui sont placées dans le socle de la machine, lesquelles pédales font mouvoir soit un bras, soit la tête, soit toute autre pièce de l'automate ou de la machine".

La double vue, tour de magie de Robert-Houdin au théâtre Robert-Houdin

La double vue, tour de magie de Robert-Houdin au théâtre Robert-Houdin

Voici quelques descriptions des principaux automates de Robert-Houdin :

L'écrivain dessinateur : Robert-Houdin raconte dans ses "Mémoires" qu'il avait conçu les plans d'un automate sur lequel il avait fondé le plus grand espoir. Il s'agissait d'un écrivain-dessinateur répondant par des phrases ou des dessins emblématiques aux questions posées par des spectateurs.

A l'exposition de 1844 Robert-Houdin présenta son écrivain qui fut récompensé par une médaille d'argent.

Barnum, qui acheta l'automate à Robert-Houdin lors de cette exposition le décrivit comme suit : "Je payai un bon prix pour cet ingénieux automate qui était écrivain et artiste. Il était assis devant une petite table, crayon à la main et si on lui demandait par exemple un emblème de la fidélité, il dessinait immédiatement un beau chien; si on lui demandait celui de l'Amour, il traçait un délicieux Cupidon. L'automate répondait aussi à plusieurs questions en écrivant."

Chapuis et Gelis écrivent à ce propos dans leur livre "Le monde des automates" : "Ces divers détails nous amènent à faire quelques remarques. Robert-Houdin qui parle de Vaucanson et d'autres automatistes, ne cite pas une seule fois le nom des Jaquet-Droz, des Leschot ou d'Henri Maillardet dans ses "Mémoires".

Robert-Houdin, avec en arrière plan, son automate écrivain-dessinateur

Robert-Houdin, avec en arrière plan, son automate écrivain-dessinateur

De plus, dix-huit mois sont matériellement insuffisants à un homme travaillant seul pour construire un tel androïde (cf le passage sur la création de l'androïde dans les "Mémoires"). Il faut rappeler à cette occasion que les Jaquet-Droz avaient mis six ans pour faire le leur.

Enfin, coïncidence bizarre, les dessins tracés par l'automate de Robert-Houdin étaient en partie les mêmes (Cupidon, tête de monarque couronné, chien) que ceux qu'exécutaient le dessinateur des Jaquet-droz et leur deuxième réplique acquise par Henri Maillardet.

Tout porte à croire que cet androïde périt dans le grand incendie qui détruisit en 1865 à New-York, les collections du grand Barnum."

Le Garde-française : Robert-Houdin fait la description suivante de cet automate à pédales : "On apportait sur une table un petit automate revêtu du costume de Garde-Française : il portait un mousquet et se tenait au port d'arme prêt à recevoir un commandement.

En automate bien appris, il commençait par saluer respectueusement l'assemblée, et après s'être débarrassé de son arme, il envoyait de la main droite quelques baisers aux jeunes enfants qu'il apercevait dans la salle.

J'empruntais à plusieurs dames de l'assemblée quatre bagues et un gant blanc, j'en faisais un paquet et je le mettais dans le petit fusil que j'avais préalablement chargé et amorcé.

- Tenez, disais-je à mon Garde-Française, je vous rends votre arme contenant un gant et quatre bagues; montrez maintenant votre adresse, en envoyant tous ces objets sur ce point de mire. Je lui montrais une colonne en cristal qui se trouvait sur une autre table.

L'automate mettait en joue, posait le doigt sur la gâchette, visait, au signal que je lui donnais, faisait feu. Les objets contenus dans le fusil étaient projetés sur la colonne, et le gant, gonflé comme s'il eût été porté par une main invisible se dressait sur le sommet du cristal, étalant à chacun de ses doigts une des bagues qui m'avaient été confiées."

Le garde-française, automate truqué de Robert-Houdin

Le garde-française, automate truqué de Robert-Houdin

Le pâtissier du Palais royal : "Voyez ce charmant petit automate; à l'appel de son maître il vient sur le seuil de sa porte et, fournisseur aussi poli que pâtissier habile, il salue et attend les commandes de sa clientèle. Des brioches chaudes et sortant du four, des gâteaux de toutes espèces, des sirops, des liqueurs, des glaces, etc sont aussitôt apportés par lui que commandés par les spectateurs et, quand il a satisfait à toutes les demandes, il aide son maître dans ses tours d'escamotage".

Cet automate, aussi célèbre que mystérieux, était actionné par un jeune garçon assis en tailleur dans la partie arrière de la boutique. Au dessus de la porte et des fenêtres se trouve un espace libre, sorte de grenier, où se placent les gâteaux et les boissons que l'enfant dépose sur le plateau présenté par le pâtissier, et cela par une trappe aménagée au plafond de la boutique, lorsque les portes en sont fermées.

Le pâtissier du Palais Royal, automate truqué de Robert-Houdin

Le pâtissier du Palais Royal, automate truqué de Robert-Houdin

Par la fenêtre de gauche, on voit dans la boutique des pâtissiers roulant la pâte et pilant les amandes. Leurs mouvements correspondent à des rouages d'horlogerie remontés et commandés par l'ouverture et la fermeture des portes centrales. Chaque fois que ces portes s'ouvrent, les ouvriers cessent de travailler et ne se remettent à leur besogne qu'après la fermeture des portes. Le mouvement des autres personnages, pâtissier et pâtissière, l'ouverture et la fermeture des portes sont exécutés par l'enfant dont la présence reste invisible au public.

L'oranger fantastique : Robert-Houdin empruntait un mouchoir à une dame, en faisait une boule qu'il mettait à côté d'un oeuf, d'un citron et d'une orange. Ces quatre objets disparaissaient les uns dans les autres et lorsqu'ils étaient tous réunis dans l'orange, cette dernière servait à composer une liqueur fantastique. Pour cela l'orange était pressée entre les mains de Robert-Houdin où elle se réduisait de grosseur et devenait une poudre qui passait dans un flacon contenant de l'esprit-de-vin.

Quelqu'un apportait alors l'oranger dépourvu de fleurs et de fruits. Un peu de la liqueur fantastique et inflammable était versée dans un vase que l'on plaçait sur l'arbuste après y avoir mis le feu. On y voyait les branches se charger de fleurs, qui étaient ensuite remplacées par des fruits distribués aux spectateurs sauf une seule orange, laissée sur l'arbre, qui s'ouvrait en quatre parties, et dans laquelle on apercevait le mouchoir emprunté. Deux papillons battant des ailes le prenaient par les coins et le déployaient en s'élevant en l'air.

Cette pièce était manoeuvrée par des pédales. Des oranges véritables étaient piquées sur des pointes et dissimulées par le feuillage qui s'écartait au moment voulu pour les démasquer. Les fleurs étaient dissimulées dans des petits tubes dont elles émergeaient tout en s'épanouissant et cela sous l'action d'une pédale. La dernière orange, qui était en métal, s'ouvrait en quatre parties montées sur des charnières. Sitôt l'orange ouverte, les deux papillons artificiels, montés sur d'invisibles fils d'acier, étaient projetés en l'air, donnant l'apparence du vol.

L'oranger fantastique de Robert-Houdin ; automate truqué à pédales

L'oranger fantastique de Robert-Houdin ; automate truqué à pédales

Antonio Diavolo le voltigeur au trapèze : Dans ses "mémoires", Robert-Houdin écrit : "J'apportais mon jeune artiste de bois entre mes bras, comme je l'eusse fait pour un être vivant, je le posais sur le bâton d'un trapèze, et là je lui adressais quelques questions auxquelles il répondait par des signes de tête.Vous ne craignez pas de tomber? - non - Etes-vous bien disposé à faire vos exercices? - Oui

Alors, aux premières mesures de l'orchestre, il saluait gracieusement les spectateurs, en se tournant vers toutes les parties de la salle, puis se suspendant par les bras, et suivant la mesure de la musique, il se faisait balancer avec une vigueur extrême.

Venait ensuite un instant de repos, pendant lequel il fumait sa pipe, après quoi il exécutait des tours de force sur le trapèze, tels que de se soulever à la force des bras et de se tenir la tête en bas, tandis qu'il exécutait avec ses jambes des évolutions télégraphiques.

Pour prouver que son existence mécanique était en lui-même, mon petit Diavolo abandonnait la corde avec ses mains, se pendant par les pieds, et quittait bientôt entièrement le trapèze".

Antonio Diavolo, automate truqué de Robert-Houdin

Antonio Diavolo, automate truqué de Robert-Houdin

Cette figure fonctionne par tirage et par pédales. Une série de huit fils part de la coulisse de gauche, passant par des poulies fixées au haut de la scène, puis sur d'autres poulies placées au sommet de ce qui semble être les cordes du trapèze mais qui, en réalité, sont des tubes creux, pour aboutir aux deux extrémités du bâton du trapèze, creux également. Deux jeux de poulies placés à ces deux extrémités, renvoient ces fils au centre du bâton où ils actionnent un jeu de six petites pédales très courtes fonctionnant à la hauteur du bâton, à l'endroit où se placent les mains de l'automate.

Tous les tirages se terminent dans la coulisse, les uns par des anneaux pouvant être maintenus par des crochets qui les immobilisent à certains moments, les autres par des bobines sur lesquelles on tire à la main. Deux autres gros fils partent d'une grosse poulie placée à gauche du bâton du trapèze en avant et en arrière et produit le déplacement de l'automate qui lui_même entraîne le balancement progressif du trapèze, par suite du déplacement de son centre de gravité.

Dans les bras et les mains de l'automate, se trouve une série de leviers sur lesquels appuient les pédales sortant du bâton du trapèze, communiquant ainsi les mouvements à toutes les parties du corps : signes de la tête, culbute du bonhomme autour de ses aisselles, pendaison par les jarrets - et non par les pieds comme l'a dit Robert-Houdin - abandon des mains quand l'automate est la tête en bas, pendu par les jarrets, équilibre sur les mains, etc. de même qu'accrochage des mains au trapèze quand on le pose dessus, et lâchage final de l'automate quand il tombe dans les mains du présentateur.

Tout cela est obtenu par ces pédales, ces leviers : amplification du mouvement de l'intérieur du corps de l'automate par mouvements différentiels. Seul le mouvement de balancement du trapèze n'est produit que par le mouvement tournant du bâton qui entraîne le déplacement du petit personnage. Un dispositif des plus ingénieux, mais très compliqué, empêche les fils de se vriller et de se coincer quand le trapèze tourne.

C'est par un subterfuge fort bien conçu, que Diavolo peut lâcher les mains lorsqu'il est suspendu par les jarrets. Deux tubes plats sont logés dans les deux bras, par lesquels passent les tiges des leviers et ces tubes ne quittent pas le trapèze. Ce sont deux faux bras (ouverts d'un côté) seuls qui tombent, les tubes restant collés contre le corps. Ces tubes étant recouverts de velours rouge semblable à celui de la veste de l'automate, sont invisibles.

D'ailleurs, cela se passe dans un balancement à toute volée et dure très peu de temps, les bras revenant rapidement à leur position normale quand l'automate remonte s'asseoir sur le trapèze. La surprise est si grande quand il lâche le trapèze et écarte les bras, que le public n'a pas le temps de remarquer que les bras sont creux.

La leçon de chant : Robert-Houdin est l'auteur de plusieurs véritables automates ayant pour thème une leçon de chant prodiguée par une jeune femme à un oiseau.

Le Musée Paul Dupuis de Toulouse dispose d'une leçon de chant que nous présentons ci-dessous.

Comme dans toutes les leçons de chant, une jeune femme fait entendre un jeu de serinette à un oiseau situé sur un perchoir. Le volatile répète ensuite le motif tout en s'agitant et se tournant de tous côtés.

Mais après quelques notes, la jeune femme interrompt l'oiseau, tourne la manivelle de l'instrument pour lui faire entendre à nouveau le motif. L'oiseau s'exécute une deuxième fois mais sans se tromper.

Automate "Leçon de chant" de Robert-Houdin, musée Paul Dupuy (Toulouse) (C): Philippe Garcelon

Automate "Leçon de chant" de Robert-Houdin, musée Paul Dupuy (Toulouse) (C): Philippe Garcelon

Certains de ces automates sont les pièces maîtresses du film en DVD "Robert-Houdin, une vie de magicien" édité par Lutèce Créations sous le label TALIA films.

Le DVD est disponible ici : http://www.automates-boites-musique.com/dvd-cd-et-livres-sur-les-automates-et-les-instruments-de-musique-mecanique/dvd-sur-les-automates-et-les-boites-a-musique/dvd-sur-les-automates---dvd-robert-houdin-une-vie-de-magicien-details-826.html

La jaquette du film et la bande-annonce sont disponibles ci-dessous.

Jaquette du film "Robert-Houdin, une vie de magicien" dans lequel il est possible de voir certains des véritables automates truqués et non truqués de Robert-Houdin en fonctionnement

Jaquette du film "Robert-Houdin, une vie de magicien" dans lequel il est possible de voir certains des véritables automates truqués et non truqués de Robert-Houdin en fonctionnement

Bande-annonce du film "Robert-Houdin, une vie de magicien"

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Rédigé par Philippe Sayous

Publié dans #Fabricants d'automates

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Publié le 8 Mai 2014

La joueuse de tympanon est un charmant androïde réalisé par l'horloger Pierre Kintzing et l'ébéniste de la Reine David Roentgen que l'on peut toujours admirer au Musée du Conservatoire des Arts et Métiers de Paris.

Acheté en 1785 par Marie-Antoinette, l'automate, représente une jeune femme élégamment vêtue d'un corsage décolleté et d'une ample robe à paniers en soie brodée. Assise sur un tabouret, la musicienne frappe avec des baguettes pourvues à leur extrémité de petits marteaux plats, les 46 cordes délicates d'un tympanon, instrument de musique d'origine tzigane.

Dominant l'instrument d'une longueur d'un mètre, la joueuse peut interpréter huit airs différents dont un air de "l'Armide" de Gluck.

La légende veut que le costume en soie brodée de l'androïde, provienne d'un morceau de robe de Marie Antoinette et que sa perruque de ses propres cheveux.

Le mécanisme principal, situé sous le tabouret, est constitué d'un cylindre en laiton alimenté par un ressort-moteur. Au moyen de leviers, les cames permettent le mouvement des bras, et les picots, les mouvements des marteaux.

La joueuse de tympanon automate de Pierre Kintzing

La joueuse de tympanon automate de Pierre Kintzing

Quelques détails sur cet automate nous sont donnés par le médecin personnel de Marie-Antoinette qui voulut offrir l'androïde à l'Académie des Sciences afin qu'il puisse figurer parmi les machines de l'institution :

"La Reine a depuis peu de temps fait l'acquisition d'une petite figure de femme automate de dix-huit ou vingt pouces de hauteur, qui joue et exécute très bien différents airs de musique sur une espèce de tympanon en forme de petit clavecin. Cette figure dont les traits, les proportions et les ajustements sont forts élégants, frappe en mesure les différentes cordes de l'instrument avec deux petits marteaux de métal qu'elle tient dans ses mains, qui se meuvent avec beaucoup de justesse et de précision. Elle a d'ailleurs, en exécutant les airs, des mouvements de tête et une sorte d'expression variée dans ses yeux et ses regards, qui sont très agréables et qui font une illusion surprenante. Elle est assise sur un siège posé sur une table d'un bois superbe qui supporte aussi le tympanon; et tout le mécanisme est renfermé et caché dans l'épaisseur de la table."

La joueuse de tympanon automate de Pierre Kintzing

"Cette machine a été construite en Allemagne exprès pour la Reine par des artistes habiles, qui ont déjà fait pour le Roi de France un très grand secrétaire à secrets d'une perfection de travail étonnante, et d'autres ouvrages."

"La Reine désirerait que cette figure automate fut examinée par quelques personnes de l'Académie des Sciences; et si on la jugeait digne d'être placée dans le cabinet des machines de cette Compagnie, sa Majesté serait disposée à en faire présent à l'Académie."

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Rédigé par Philippe Sayous

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Publié le 8 Mai 2014

Jusqu'en 1780, les androïdes étaient capables de bien des actions. A cette date, l'Abbé Mical trouva le moyen de les doter réellement de la parole. Voulant remporter le concours annuel proposé par l'Académie Impériale des Sciences de Saint Pétersbourg, l'ecclésiastique parisien confectionna deux têtes parlantes capables de prononcer un certain nombre de phrases.

Placées sur un socle à l'intérieur d'un petit théâtre, un dialogue pouvait être engagé entre les deux têtes :
- "Le Roi donne la paix à l'Europe.
- La paix couronne le Roi de gloire.
- Et la paix fait le bonheur des peuples.
- O Roi adorable père de vos peuples, leur bonheur fait voir à l'Europe la gloire de votre trône."

Un rapport de l'Académie des sciences et signé, entre autre, par Lavoisier et La Place, décrit en ces termes le mécanisme de création de la parole : "Les têtes recouvraient une boîte creuse, dont les différentes parties étaient rattachées par des charnières et dans l'intérieur de laquelle l'auteur avait disposé des glottes artificielles de différentes formes sur des membranes tendues. L'air passant par ces glottes allait frapper les membranes qui rendaient des sons graves moyens ou aigus; et de leur combinaison résultait une espèce d'imitation très imparfaite de la voix humaine."

L'Académie conclua : "Nous pensons que l'Académie doit applaudir aux efforts de Monsieur L'Abbé Mical, que sa machine est ingénieuse, que les travaux méritent d'être encouragés et que cet essai quoi qu'imparfait, est encore très digne de l'approbation de l'Académie".

Les têtes parlantes automates de l'Abbé Mical

Les têtes parlantes automates de l'Abbé Mical

Un témoin de l'époque décrit aussi les têtes : "Elles sont de grandeur naturelle, très bien faites; elles sont dorées, ce qui est de mauvais goût. On les voit à côté l'une de l'autre sur une espèce de petit théâtre, à la base duquel est visible l'ensemble des mécanismes. Dans les quatre phrases qu'elles articulent successivement, et en imitant à l'extérieur le mouvement des lèvres, il est des mots qu'elles mangent en entier, leur son de voix est rauque, leur articulation lente; et malgré tous ces défauts, elles en disent assez pour qu'on ne puisse se refuser à leur accorder le don de la parole..."

Un autre témoin complète la description : "Il y a dans la rue du Temple, au Marais, un ouvrage de mécanique qui attire à lui la foule des connaisseurs... Ce sont deux têtes d'airain qui parlent et prononcent nettement des phrases entières. Elles sont colossales et leur voix est surhumaine.

"Ce n'est point là comme vous le sentez l'ouvrage du moment et du hasard; c'est le fruit du travail et du génie. Depuis trente ans, M. l'Abbé Mical en préparait le secret; et s'il était possible de suivre de l'oeil tous les pas qui l'y ont conduit, si cet habile nous eût conservé les essais, ce serait là sans doute une galerie de mécanique bien intéressante à parcourir..."

"M. Mical applique deux claviers à ses têtes parlantes; l'un en cylindre par lequel on n'obtient qu'un nombre déterminé de phrases, mais sur lequel les intervalles des mots et leur prosodie sont marqués correctement. L'autre clavier contient dans l'étendue d'un ravalement tous les sons et les tons de la langue française, réduits à un petit nombre par une méthode ingénieuse et particulière à l'auteur. Avec un peu d'habitude et d'habileté, on parlera avec les doigts comme avec la langue et on pourra donner au langage des têtes la rapidité, les repos et toute la physionomie enfin que peut avoir une langue qui n'est point animée par les passions. Les étrangers prendront la Henriade ou le Télémaque et les feront réciter d'un bout à l'autre en les plaçant sur le clavier vocal comme on place des partitions d'opéra sur les clavecins ordinaires".

"Et nous n'entendrions pas frémir les articulations rocailleuses de nos aïeux. Il n'y a, j'ose le dire, que les têtes parlantes qui puissent concerver cette honorable universalité à la langue française et la rassurer contre l'instabilité des choses humaines. Ces têtes, si on les multiplie en Europe, vont devenir l'effroi de cette multitude de maîtres de langue, suisses et gascons, dont tous les pays sont infectés et qui dénaturent notre langue chez les peuples qui l'aiment."

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Rédigé par Philippe Sayous

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Publié le 6 Mai 2014

François Junod est considéré comme un des très rares fabricants d'automates d'aujourd'hui capable de réaliser des androïdes particulièrement complexes tels qu'ils avaient été conçus dès le XVIIIème siècle par les Jaquet-Droz.

Sur son site François Junod écrit "Il réalise aussi aujourd'hui avec son équipe nombre de Pierrots écrivains, de filles légères, d'orchestres d'animaux, de poètes ou de musiciens qui viennent trouver leur place non seulement en Suisse mais également au Japon, en Angleterre, aux Etats-Unis, en France, en Italie ou en Espagne.

Né à Ste-Croix en 1959, François Junod y fréquente d'abord l'Ecole technique (section micro-mécanique). Puis, tout en faisant un apprentissage de restaurateur d'automates chez Michel Bertrand à Bullet, il obtient son diplôme à l'Ecole des Beaux-Arts de Lausanne (section dessin et sculpture).

Depuis 1984 François Junod est de retour à Ste-Croix où il conçoit et construit des automates, tout en paraissant doué d'une faculté de création schizophrène : d'une part il travaille sur des sculptures modernes (pour lesquelles il avoue assez volontiers sa prédilection), souvent délirantes ou lyriques, tandis qu'il poursuit en parallèle la tradition des automatiers initiée par les Jaquet-Droz.

Le tapis volant pour le centenaire des cafés La Semeuse à La Chaux-de-Fonds (présenté dans la galerie des automates modernes) compte parmi ses oeuvres traditionnelles les plus récentes.

Si François Junod a principalement tourné son activité vers les androïdes à l'ancienne, dont la demande est aujourd'hui importante (d'autant plus qu'il est devenu un maître incontesté de cet art en voie de disparition), il n'abandonne pas pour autant les automates contemporains. On peut souligner parmi ses oeuvres modernes monumentales : l'ange du CIMA de Ste-Croix, l'homme-marcheur qui orne ce même musée, le buste de la cantatrice à l'Arena de Genève, ou encore la jeune fille et l'oiseau perchés sur la façade du collège du Cheminet à Yverdon-les-Bains, qu'il vient de terminer.

Chez les êtres artificiels de François Junod, la poétique de la machine se niche tout d'abord dans leurs éléments fondateurs : engrenages, ressorts ou spirales...
Car, plutôt qu'entretenir l'illusion, il s'agit de mettre l'accent sur ses mécanismes, ainsi que sur l'atelier du facteur d'automates, lieu de " naissance " des simulacres : un univers baroque, extérieurement bien loin de la précision mécanique, fait d'amas de rouages, de membres de plâtre pendus au plafond, de roues à came, de têtes d'animaux grotesques, de scories métalliques, de corps de bronze entremêlés.
Force est alors de constater que l'émotion produite par ses créations ne s'en trouve que renforcée.
En effet, si la réalisation d'un automate dénote clairement une volonté d'emprise technique sur notre milieu, en reproduisant la Nature à l'identique, elle marque également une tentative, forcément vouée à l'échec, de dépasser la matière, de recréer le vivant dans ce qu'il a de plus élusif.

Cette transcendance impossible, cet élan brisé, chargent l'automate d'un manque originel, d'une douleur essentielle, d'une imperfection touchante : il est porteur d'une vie faite d'apparences seulement. Dès lors, l'être artificiel nous renvoie - par ce qui lui fait si cruellement défaut - à la complexité et à l'inaccessibilité de notre propre condition. L'automate laisse entrevoir, par un habile jeu de miroir, ce qui en nous n'est pas reproductible, réductible à la mécanique.

Car, si l'Homme peut parfois être considéré comme une machine devant la complexité de laquelle on se doit d'être admiratif, il se trouve également doté d'un plus insaisissable, un fluide subtil dont l'artiste est ici sur la trace. La poétique de la machine que nous permet de discerner le travail de François Junod, ce n'est donc plus tant celle des automates que la nôtre propre..."

Automate-androïde de François Junod : "Alexandre Pouchkine"

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Rédigé par Philippe Sayous

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Publié le 5 Mai 2014

Un des fameux automates truqués de Robert-Houdin (1805-1871) fut certainement "l'oranger merveilleux". Cet automate remporta un énorme succès lors des célèbres "soirées fantastiques".

Présentation de cet automate : Robert-Houdin empruntait un mouchoir à une dame, en faisait une boule qu'il mettait à côté d'un oeuf, d'un citron et d'une orange. Ces quatre objets disparaissaient les uns dans les autres et lorsqu'ils étaient tous réunis dans l'orange, cette dernière servait à composer une liqueur fantastique. Pour cela l'orange était pressée entre les mains de Robert-Houdin où elle se réduisait de grosseur et devenait une poudre qui passait dans un flacon contenant de l'esprit-de-vin.

Quelqu'un apportait alors l'oranger dépourvu de fleurs et de fruits. Un peu de la liqueur fantastique et inflammable était versée dans un vase que l'on plaçait sur l'arbuste après y avoir mis le feu. On y voyait les branches se charger de fleurs, qui étaient ensuite remplacées par des fruits distribués aux spectateurs sauf une seule orange, laissée sur l'arbre, qui s'ouvrait en quatre parties, et dans laquelle on apercevait le mouchoir emprunté. Deux papillons battant des ailes le prenaient par les coins et le déployaient en s'élevant en l'air.

Cette pièce était manoeuvrée par des pédales. Des oranges véritables étaient piquées sur des pointes et dissimulées par le feuillage qui s'écartait au moment voulu pour les démasquer. Les fleurs étaient dissimulées dans des petits tubes dont elles émergeaient tout en s'épanouissant et cela sous l'action d'une pédale. La dernière orange, qui était en métal, s'ouvrait en quatre parties montées sur des charnières. Sitôt l'orange ouverte, les deux papillons artificiels, montés sur d'invisibles fils d'acier, étaient projetés en l'air, donnant l'apparence du vol.

Des orangers miniaturisés créés par le magicien Pierre Mayer et Jean-François Bissonnet-Leverbe sont proposés sur le site de Lutèce Créations (voir les vidéos ci-dessous) : http://www.automates-boites-musique.com/automates-de-magie-automates-truques/automates-de-magie-automates-truques-miniaturises/automate-de-magie-miniaturise-automate-truque-miniaturise----l-oranger-fantastique-de-robert-houdin--details-2329.html

L'oranger est visible dans le film "Robert-Houdin, une vie de magicien" dans le cadre d'une reconstitution du tour de magie.

Ce film en DVD est disponible ici : http://www.automates-boites-musique.com/dvd-cd-et-livres-sur-les-automates-et-les-instruments-de-musique-mecanique/dvd-sur-les-automates-et-les-boites-a-musique/dvd-sur-les-automates---dvd-robert-houdin-une-vie-de-magicien-details-826.html

L'automate "L'oranger merveilleux" de Robert-Houdin

L'automate "L'oranger merveilleux" de Robert-Houdin

L'automate "L'oranger merveilleux" de Robert-Houdin

L'automate "L'oranger merveilleux" de Robert-Houdin

Bande-annonce du film "Robert-houdin, une vie de magicien"

Automate moderne de Pierre Mayer et Jean-François Bissonnet-Leverbe "L'oranger merveilleux"

Automate moderne miniaturisé de Pierre Mayer "L'oranger merveilleux"

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Rédigé par Philippe Sayous

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Publié le 5 Mai 2014

Antonio Diavolo, le voltigeur eu trapèze est l'automate truqué le plus connu du célèbre illusionniste de Blois Robert-Houdin (1805-1871).

Dans ses "mémoires", Robert-Houdin écrit : "J'apportais mon jeune artiste de bois entre mes bras, comme je l'eusse fait pour un être vivant, je le posais sur le bâton d'un trapèze, et là je lui adressais quelques questions auxquelles il répondait par des signes de tête.Vous ne craignez pas de tomber? - non - Etes-vous bien disposé à faire vos exercices? - Oui

Alors, aux premières mesures de l'orchestre, il saluait gracieusement les spectateurs, en se tournant vers toutes les parties de la salle, puis se suspendant par les bras, et suivant la mesure de la musique, il se faisait balancer avec une vigueur extrême.

Venait ensuite un instant de repos, pendant lequel il fumait sa pipe, après quoi il exécutait des tours de force sur le trapèze, tels que de se soulever à la force des bras et de se tenir la tête en bas, tandis qu'il exécutait avec ses jambes des évolutions télégraphiques.

Pour prouver que son existence mécanique était en lui-même, mon petit Diavolo abandonnait la corde avec ses mains, se pendant par les pieds, et quittait bientôt entièrement le trapèze".

Cette figure fonctionne par tirage et par pédales. Une série de huit fils part de la coulisse de gauche, passant par des poulies fixées au haut de la scène, puis sur d'autres poulies placées au sommet de ce qui semble être les cordes du trapèze mais qui, en réalité, sont des tubes creux, pour aboutir aux deux extrémités du bâton du trapèze, creux également.

Deux jeux de poulies placés à ces deux extrémités, renvoient ces fils au centre du bâton où ils actionnent un jeu de six petites pédales très courtes fonctionnant à la hauteur du bâton, à l'endroit où se placent les mains de l'automate.

Tous les tirages se terminent dans la coulisse, les uns par des anneaux pouvant être maintenus par des crochets qui les immobilisent à certains moments, les autres par des bobines sur lesquelles on tire à la main. Deux autres gros fils partent d'une grosse poulie placée à gauche du bâton du trapèze en avant et en arrière et produit le déplacement de l'automate qui lui_même entraîne le balancement progressif du trapèze, par suite du déplacement de son centre de gravité.

Dans les bras et les mains de l'automate, se trouve une série de leviers sur lesquels appuient les pédales sortant du bâton du trapèze, communiquant ainsi les mouvements à toutes les parties du corps : signes de la tête, culbute du bonhomme autour de ses aisselles, pendaison par les jarrets - et non par les pieds comme l'a dit Robert-Houdin - abandon des mains quand l'automate est la tête en bas, pendu par les jarrets, équilibre sur les mains, etc. de même qu'accrochage des mains au trapèze quand on le pose dessus, et lâchage final de l'automate quand il tombe dans les mains du présentateur.

Tout cela est obtenu par ces pédales, ces leviers : amplification du mouvement de l'intérieur du corps de l'automate par mouvements différentiels. Seul le mouvement de balancement du trapèze n'est produit que par le mouvement tournant du bâton qui entraîne le déplacement du petit personnage. Un dispositif des plus ingénieux, mais très compliqué, empêche les fils de se vriller et de se coincer quand le trapèze tourne.

C'est par un subterfuge fort bien conçu, que Diavolo peut lâcher les mains lorsqu'il est suspendu par les jarrets. Deux tubes plats sont logés dans les deux bras, par lesquels passent les tiges des leviers et ces tubes ne quittent pas le trapèze. Ce sont deux faux bras (ouverts d'un côté) seuls qui tombent, les tubes restant collés contre le corps. Ces tubes étant recouverts de velours rouge semblable à celui de la veste de l'automate, sont invisibles.

D'ailleurs, cela se passe dans un balancement à toute volée et dure très peu de temps, les bras revenant rapidement à leur position normale quand l'automate remonte s'asseoir sur le trapèze. La surprise est si grande quand il lâche le trapèze et écarte les bras, que le public n'a pas le temps de remarquer que les bras sont creux.

Ce formidable spectacle est admirable dans le film de Jean-Luc Muller édité par TALIA films : http://www.automates-boites-musique.com/dvd-cd-et-livres-sur-les-automates-et-les-instruments-de-musique-mecanique/dvd-sur-les-automates-et-les-boites-a-musique/dvd-sur-les-automates---dvd-robert-houdin-une-vie-de-magicien-details-826.html

L'automate trapéziste est maintenant la propriété du collectionneur américain d'automates John Gaughan. Deux répliques de cet automate ont été réalisées par l'illusionniste Xavier Tapias et le créateur d'automates Kevin Wright (sous le nom de Dante the daring).

L'automate Antonio Diavolo au temps de Robert-Houdin

L'automate Antonio Diavolo au temps de Robert-Houdin

Bande-annonce du film "Robert-Houdin, une vie de magicien" dans laquelle évolue l'automate

Une réplique de l'automate trapéziste par Xavier Tapias

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Rédigé par Philippe Sayous

Publié dans #Automates

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Publié le 5 Mai 2014

Johann Wolfgang von Kempelen (1734-1804) est un écrivain et inventeur hongrois plus connu sous son nom allemand Wolfgang von Kempelen. Il est particulièrement connu pour ses machines parlantes et son célèbre joueur d'échecs qu'il fabriqua en 1769.

Cet automate avait l'apparence d'un turc, actionnait les pièces d'un jeu d'échecs et "était capable" de battre les meilleurs joueurs.

Mais hélas, tout n'était que trucage! Après avoir fait croire aux spectateurs qu'un homme ne pouvait pas être caché dans le meuble (les mécanismes bruyants en mouvements, des compartiments pliables ne permettaient pas aux spectateurs de s'apercevoir de l'existence d'un opérateur secret), ce dernier disposait d'un second plateau d'échecs pour suivre le jeu et communiquer les mouvements au turc mécanique.

Une réplique du turc fut fabriquée par John Gaughan qui est lui-même le propriétaire de l'automate truqué de Robert-Houdin "Antonio Diavolo, le voltigeur eu trapèze". A ce propos, une interview de John Gaughan et une démonstration de l'automate truqué de Robert-Houdin, sont visibles dans le DVD "Robert-Houdin, une vie de magicien".

Ce DVD est disponible sur http://www.automates-boites-musique.com/dvd-cd-et-livres-sur-les-automates-et-les-instruments-de-musique-mecanique/dvd-sur-les-automates-et-les-boites-a-musique/dvd-sur-les-automates---dvd-robert-houdin-une-vie-de-magicien-details-826.html

Portrait du baron von Kempelen

Portrait du baron von Kempelen

L'automate truqué joueur d'échecs du baron von Kempelen

L'automate truqué joueur d'échecs du baron von Kempelen

L'automate truqué joueur d'échecs du baron von Kempelen

L'automate truqué joueur d'échecs du baron von Kempelen

L'automate truqué joueur d'échecs du baron von Kempelen

L'automate truqué joueur d'échecs du baron von Kempelen

L'automate truqué joueur d'échecs du baron von Kempelen

L'automate truqué joueur d'échecs du baron von Kempelen

Une réplique de l'automate truqué de John Gaughan

Une réplique de l'automate truqué de John Gaughan

Une réplique de l'automate truqué de John Gaughan

Une réplique de l'automate truqué de John Gaughan

L'automate truqué de John Gaughan dans un extrait de documentaire

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Rédigé par Philippe Sayous

Publié dans #Automates

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Publié le 5 Mai 2014

Johann Wolfgang von Kempelen (1734-1804) est un écrivain et inventeur hongrois plus connu sous son nom allemand Wolfgang von Kempelen. Il est particulièrement connu pour ses recherches sur la voix humaine (voir les photos ci-dessous et le film en DVD "Les androïdes Jaquet-Droz") et créa à cet effet, des machines parlantes.

Il expliqua le fonctionnement de l'une d'elles dans son ouvrage "Mechanismus der Menschlichen Sprache". Après y avoir étudié le mécanisme du langage chez l'homme il y décrivit les instruments de musique qui se rapprochaient le plus de la voix humaine: hautbois, clarinette, basson et cornemuse, parce que "leur anche ressemble par ses fonctions à la glotte".

Cette machine était capable, selon Goethe, "de prononcer plusieurs mots enfantins très gentiment".

Grimm, quant à lui, expliqua que "... la machine répondait déjà clairement à plusieurs questions : la voix en était agréable et douce; il n'y avait que les r qu'elle prononçait en grasseyant et avec un certain ronflement pénible. Lorsqu'on n'avait pas bien compris sa réponse, elle la répéta à nouveau, mais avec le ton d'une humeur et d'une impatience enfantine ..." Kempelen expliquait que sa machine était capable de prononcer "plusieurs centaines de mots clairement et distinctement, par exemple : papa, Maman, Marianna, Roma, Maladie, Santé, Astronomie, Opéra, Pantomime, et aussi des mots longs et difficiles tels que Constantinopolis, Monomotapa, Astrakan, Anastasius...".

Cette machine était la première à produire, non seulement certaines voyelles mais surtout des mots entiers et des courtes phrases. Selon Kempelen, il était facile de maîtriser l'instrument en deux à trois semaines pourvu "que l'on préféra produire des paroles en latin, français ou italien. L'allemand étant beaucoup plus difficile parce que composé de syllabes étouffées et de mélanges de consonnes".

Dans l'étonnante vidéo ci-dessous, vous découvrirez, par l'intermédiaire d'une réplique d'une des machines du baron Wolfgang von Kempelen, ce que les auditeurs de l'époque pouvaient bien entendre dès lors qu'un opérateur voulait faire dire à la machine des mots simples tels que "papa" et "maman".

Cette réplique a été réalisée en 2007-2009 au sein du département de phonétique de l'université de Saarland en Allemagne par Fabian Brackhane, Dominik Bauer et l'assistance d' Hugo Mayer (fabricant d'orgues).

Portrait du baron von Kempelen

Portrait du baron von Kempelen

Etude de la voix humaine par le baron Wolfgang von Kempelen

Etude de la voix humaine par le baron Wolfgang von Kempelen

Etude de la voix humaine par le baron Wolfgang von Kempelen

Etude de la voix humaine par le baron Wolfgang von Kempelen

Les machines parlantes du baron Wolfgang von Kempelen

Les machines parlantes du baron Wolfgang von Kempelen

Les machines parlantes du baron Wolfgang von Kempelen

Les machines parlantes du baron Wolfgang von Kempelen

Copie d'une machine parlante du baron Wolfgang von Kempelen

Copie d'une machine parlante du baron Wolfgang von Kempelen

Réplique d'une machine parlante du baron von Kempelen

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Rédigé par Philippe Sayous

Publié dans #Insolite

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Publié le 4 Mai 2014

Pierre Mayer est un magicien créateur d'automates en bois actionnés par le biais d'une manivelle.

Ils sont vendus sur le site de Lutèce Créations ici : http://www.automates-boites-musique.com/automates-musicaux-et-non-musicaux/automates-de-magie-automates-truques/

Nous vous proposons de les découvrir ci-dessous.

Le clown automate de Pierre Mayer

Automate "Laetitia, princesse des airs" par Pierre Mayer

Automate "Arlequin" par Pierre Mayer

Automate magicien japonais par Pierre Mayer

Automate "Siegfried et Roy" par Pierre Mayer

La magicienne automate par Pierre Mayer

Automate "L'oranger merveilleux" par Pierre Mayer

Automate "Valérie la transformiste" par Pierre Mayer

Automate "Christian Fechner" par Pierre Mayer

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Rédigé par Lutèce Créations

Publié dans #Fabricants d'automates

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Publié le 4 Mai 2014

La collection Guinness est peut-être la plus grande collection du monde d'instruments de musique mécanique et d'automates. Elle est visible dans un des départements du Morris Museum situé dans le New Jersey aux Etats Unis.

Les automates qui composent la collection Guinness sont surtout des automates français des artisans installés dans la quartier du Marais à Paris.

Un des plus impressionnants de ces automates est sans doute le flûtiste d'Alexandre Théroude, le précurseur souvent copié par les autres fabricants.

Voici ci-dessous quelques automates de la collection ainsi qu'un petit reportage sur le département des automates du Musée.

Les automates de la collection Guiness du Morris Museum

Le flûtiste automate d'Alexandre Theroude au Morris Museum

"Le buffet magique" automate de Vichy/Triboulet au Morris Museum

Méphistophélès, automate de Lambert au Morris Museums

"La jeune-fille au portrait", un automate de Renou au Morris Museumfemme de ménage

"Le clown illusionniste" automate de Phalibois au Morris Museum

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Rédigé par Philippe Sayous

Publié dans #Musées

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